VOILE : Une Transat peut en cacher une autre

Le départ du 8ème Vendée Globe sera donné dans exactement 200 jours et tous les prétendants ont déjà bien en tête ce compte à rebours ! Les mises à l’eau des bateaux se succèdent encore cette semaine. Certains se retrouveront à Plymouth pour participer à The Transat qui part le 2 mai, quand d’autres feront route directe sur New York, afin de s’aligner au départ de la nouvelle Transat New York – Vendée (Les Sables) qui partira elle le dimanche 29 mai. Faisons donc le point sur l’actualité des skippers et de leurs bateaux à un peu plus de six mois du départ du Vendée Globe.
. De nombreux IMOCA retrouvent l’élément liquide ces jours-ci après des semaines passées en chantier. Le Maître Coq de Jérémie Beyou est à l’eau depuis quelques jours, avec son deuxième foil installé ce lundi. Aussitôt, Jérémie et son équipe sont partis en mer pour tester le bateau équipé de ses nouveaux appendices.
. Lundi avait lieu également la mise à l’eau du Groupe Quéguiner de Yann Eliès qui a fait dans la foulée les tests de retournement. Groupe Quéguiner a bénéficié de quatre mois de chantier avec notamment le remplacement de tout le système de barre et l’optimisation des ballasts.
. Hier mardi, c’est SMA, l’IMOCA de Paul Meilhat (ex Macif de François Gabart) qui a retrouvé la mer, après un chantier de réparation important consécutif à ses trois semaines de dérive dans l’Atlantique.
. Eric Bellion a mis à l’eau son CommeUnSeulHomme à Port La Forêt jeudi dernier 14 avril. . La veille aux Sables d’Olonne, Jean-François Pellet avait fait de même pour son Come in Vendée après deux mois de chantier.
. Mâté la semaine dernière, La Mie Câline d’Arnaud Boissières part pour ses premières navigations d’entraînement cette semaine avec de nouvelles voiles. Arnaud a mis à son programme l’Armen Race, début mai.
. De son côté, Bertrand de Broc remet à l’eau MACSF demain jeudi 14 avril à Lorient, après trois mois de chantier. Au même endroit le lendemain (vendredi) c’est Le Souffle du Nord, de Thomas Ruyant qui va retrouver la mer après transformation du système de barre (de barre à roue en barre franche) et optimisation des ballasts. Thomas a prévu de participer au Grand Prix de Douarnenez.
. Côté Sud, Stéphane Le Diraison a sorti son bateau du chantier de La Ciotat la semaine dernière. Il s’entraîne quelques semaines en Méditerranée avant de convoyer en solitaire son bateau vers New York.
. A La Ciotat toujours, le Bastide Otio de Kito de Pavant est toujours en chantier. Kito ne participant pas aux transats, il a choisi de faire un long chantier et la mise à l’eau de son bateau n’est prévue que fin mai, avec participation à la Giraglia en juin.
. Même stratégie (pas de transat et un seul long chantier au lieu de deux) pour Louis Burton qui écume la France pour présenter son projet et dont le Bureau Vallée sera bichonné jusqu’en juin chez BG Race, à Saint-Malo.Pour les six marins qui vont participer à la Transat Anglaise en IMOCA – départ le 2 mai de Plymouth – l’heure est au convoyage sportif. Car si Paul Meilhat (SMA) et Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), pris par le temps, vont convoyer directement leur bateau de la Bretagne française à Plymouth et que le 44 du Britannique Richard Tolkien est déjà sur place en Angleterre, les trois autres participants sont depuis hier mardi en convoyage sportif. Le Pôle Finistère Course Au Large a en effet imaginé de leur concocter une ligne de départ, pour un trajet en conditions de course, de la baie de Concarneau à Saint-Malo, où aura lieu cette semaine le prologue français de The Transat. Ainsi, il y a une première confrontation dans du vent soutenu de Nord-Est entre le PRB de Vincent Riou et les deux nouveaux foilers que sont le St Michel-Virbac de Jean-Pierre Dick et le Banque Populaire VIII d’Armel Le Cléac’h.
A noter également que s’il ne court pas la Transat Anglaise, Jérémie Beyou a tout de même décidé de participer lui aussi à cette régate d’entraînement informelle avec son Maître Coq. Ces quatre bateaux devaient arriver devant Saint-Malo ce mercredi après-midi, après une vingtaine d’heures de mer forcément instructive.
La Transat en elle-même le sera tout autant, en opposant deux des meilleurs IMOCA classiques – PRB et SMA – à trois foilers de dernière génération : Banque Populaire, Edmond de Rothschild et St Michel-Virbac. Elle aussi est évidemment qualificative pour le Vendée Globe, mais c’est en elle-même une épreuve mythique à accrocher à son palmarès… comme l’ont déjà fait dans le passé d’autres héros du Vendée Globe : Philippe Poupon, Michel Desjoyeaux et – trois fois – Loïck Peyron.

Entre la Calero Solo et la Transat Anglaise, neuf candidats au Vendée Globe vont ainsi traverser l’Atlantique en course dans le sens Est-Ouest et pouvoir s’amarrer au pied des gratte-ciels de Manhattan en attendant le départ de la New York-Vendée (Les Sables). D’autres, pour la plupart déjà à l’entraînement, s’y rendront en convoyage. C’est le cas par exemple de Morgan Lagravière et son nouveau Safran, de l’Hugo Boss d’Alex Thomson et du Maître Coq de Jérémie Beyou. Même objectif d’entraînement et de mise au point via ce convoyage vers New York pour Tanguy de Lamotte à bord de son Initiatives Cœur, Fabrice Amedeo et son Newrest-Matmut, Spirit of Hungary de Nandor Fa et pour le bateau de Conrad Colman. Idem pour Yann Eliès qui partira en équipage réduit à bord de Groupe Quéginer (à trois) et pour Bertrand de Broc et son MACSF, également inscrit à cette New York-Vendée décidément très courue. Avec au moins 18 inscrits, ce sera la plus grande confrontation de l’année et la dernière grande course en flotte avant le Vendée Globe.
Ailleurs en Europe
Enfin, certains autres candidats peaufinent leur préparation au Vendée Globe. Le Catalan Didac Costa, par exemple, vient de remettre à l’eau son bateau à Barcelone. Il va partir pour sa qualification de 1500 milles « dans les jours qui viennent ». L’Américain Rich Wilson, lui, est en Angleterre où il prépare son Great American IV. Côté Français de la Manche, Romain Attanasio rentre tout juste de six jours en mer en solitaire et dans des conditions difficiles à bord de son Sixième Océan. Prochaines étapes : peser le bateau, faire le test de retournement et trouver d’autres partenaires pour boucler son budget. De ce côté là du problème, Jean le Cam et quelques autres marins sont toujours en recherche de sponsors. Pour tous, un seul objectif : se qualifier au plus vite pour se présenter dans les meilleures conditions au départ des Sables d’Olonne, le 6 novembre prochain. Dans 200 jours !